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Belgique : pays le plus corrompu de l’Union Européenne?

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Dans l’imagerie populaire, quand on associe corruption et Europe, les yeux se tournent irrémédiablement vers les pays de l’Est. Hongrie, Bulgarie, et bien entendu Roumanie, un pays dont les manifestations anti-corruption avaient fortement marqué la fin de l’année 2017.
En Belgique, aucun signe d’une telle agitation populaire. Elle serait pourtant bienvenue.
Car depuis des années et, les preuves de corruption s’accumulent. Il suffit pour cela de jeter un coup d’oeil aux derniers mois : F-16 Gate, matchs de tennis truqués, manigances autour de la loi sur les transactions pénales… Et de fait, cette corruption a été mesurée par le cabinet de conseil EY dont L'Echo a publié les conclusions jeudi dernier.

Les résultats sont sans appel : un cadre belge sur cinq a été confronté à des pratiques frauduleuses au cours des deux dernières années. Sur les 55 pays analysés, seuls l'Ukraine (36%) et le Kenya (26%) font pire que la Belgique.

Une corruption qui a doublé en six ans



Les chiffres sont d’ailleurs vertigineux. Avec un taux de 20% de corruption chez les cadres, notre pays pulvérise littéralement la moyenne de 11% . Cela fait non seulement de la Belgique le pays le plus corrompu d’Europe occidentale, mais cela la place largement au dessus de ses confrères (10%).
Encore plus grave, en six ans, le niveau global de corruption a doublé. Et cela dans l’indifférence générale. En effet, l'enquête EY démontre que 12% des cadres belges estiment qu'il est possible de justifier le recours à la corruption si elle permet d'aider leur entreprise à sortir d'une situation difficile. Une position d’autant plus schizophrénique que 96% des responsables interrogés estiment qu’il faut néanmoins être en mesure de prouver son intégrité.

Tous les secteurs touchés


En 2012, une enquête journalistique avait (déjà) révélé l’étendue de la corruption dans le pays - et ce deux ans après la crise politique de 2010. Une corruption qui touche tous les niveaux de la population. Police, armée, administration, monde politique, entreprises… Qui se rappelle par exemple de Jozef De Poorter, l’ancien bourgmestre de notre capitale dont la corruption a été avérée en avril 1988 ? Dix ans plus tard, la boucle semble bouclée avec Yvan Mayeur, qui s’est fait généreusement rémunéré lorsqu’il était membre du comité de gestion du Samusocial.
Tout cela au nez et à la barbe des Bruxellois, Wallons ou Flamands. Contrairement à la Roumanie en revanche, aucun citoyen belge n’est dans la rue. Business as usual?

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